ATTENDU QUE ce rapport concerne directement le quartier 13 (Rideau-Rockcliffe), comme il est indiqué à la section « Commentaires des conseillers de quartier » du rapport du personnel; et
ATTENDU QUE les commentaires du conseiller de quartier ont, par mégarde, été omis du rapport sur ce point avant qu’il soit distribué; et
ATTENDU QUE la section « Contexte » du rapport indiquait à tort qu’un sondage provenait du bureau du conseiller, alors qu’il avait été mené par la Ville.
PAR CONSÉQUENT, IL EST RÉSOLU QUE le texte soit ajouté à la section « Commentaires des conseillers de quartier » du rapport du personnel; et
IL EST EN OUTRE RÉSOLU QUE le rapport du personnel soit remplacé par ceci :
« Selon les résultats d’un sondage mené par le conseiller municipal, 52 % des répondants s’opposent au projet de trottoirs, 40 % y sont favorables et 8 % n’ont exprimé aucune opinion. » Un sondage mené par le conseiller a révélé une opposition marquée aux trottoirs, en particulier dans les rues concernées.
Commentaires du conseiller :
Je ne peux appuyer la composante liée aux trottoirs de ce projet de réfection intégrée et je m’oppose respectueusement à la recommandation du personnel d’aller de l’avant avec la construction des trottoirs pour le moment.
Tel qu’énoncé dans la correspondance échangée avec le personnel municipal et confirmé par le Bureau du greffe municipal, l’avocat, la directrice générale des Services d’infrastructure et d’eau et la directrice générale des Services de la planification, de l’aménagement et du bâtiment, ma décision de reporter l’installation des trottoirs à après l’été 2026 a pour effet de retirer l’appui du conseiller du quartier requis pour aller de l’avant avec cet aspect du projet en vertu des pouvoirs délégués. L’article 40 de l’annexe I du Règlement municipal sur la délégation des pouvoirs exige l’assentiment du conseiller de quartier pour que toute modification de voies puisse être mise en œuvre en vertu des pouvoirs délégués. Puisque le personnel maintient sa recommandation en faveur des trottoirs et que je ne donne pas mon assentiment à aller de l’avant pour le moment, la question doit être soumise au Comité de l’infrastructure et des travaux publics, pour décision, conformément au processus d’approbation des modifications à apporter aux routes.
Selon les informations fournies par le personnel, le report permettrait de réaliser l’étude de la circulation complète qu’exige le quartier Manor Park, compte tenu des changements importants qui touchent la communauté. En avril 2025, trois options ont été présentées à mon bureau : procéder à la construction des trottoirs, soumettre une motion visant leur retrait ou reporter les travaux dans l’attente d’une planification et d’un examen additionnels. J’ai confirmé ma préférence pour le report des travaux, étant entendu que cette démarche était conforme aux politiques applicables et qu’elle permettrait de consacrer le temps nécessaire à une analyse adéquate. Le personnel a initialement souscrit à cette approche. Toutefois, il a par la suite retiré l’option du report, ne souhaitant pas procéder à une étude exhaustive. Le personnel a précisé que, selon son interprétation, le report consistait simplement à repousser l’installation des trottoirs de l’automne 2025 à l’été 2026 afin de permettre une consultation ou une collecte d’information supplémentaires, et non la planification globale du transport à l’échelle du quartier qui est requise. Tout report au-delà de l’été 2026, pour quelque raison que ce soit, entraînerait le retrait des trottoirs de ce projet d’immobilisations et nécessiterait qu’un nouveau projet de trottoirs soit soumis à l’approbation du Conseil. Compte tenu de la réticence du personnel à entreprendre l’analyse de la circulation complète nécessaire et des échéanciers contractuels, le personnel a porté cette question devant le Comité et le Conseil pour décision.
Bien que j’appuie fermement les politiques de la Ville visant la promotion du transport actif, de l’accessibilité et des principes de la « Vision Zéro », je crois que les circonstances particulières touchant Manor Park constituent un cas exceptionnel qui devrait justifier une réévaluation de la façon dont la politique de renouvellement intégré de la Ville est appliquée dans les secteurs faisant l’objet de transformations majeures. Nous devons reconnaître que les cadres stratégiques en vigueur ne tiennent pas adéquatement en compte les situations où une planification globale du transport nécessite une analyse approfondie qui ne peut être réalisée dans les délais habituels des projets.
Manor Park connaît une convergence sans précédent de bouleversements majeurs en matière de transport et d’aménagement du territoire qui modifieront fondamentalement les schémas de circulation piétonne et les besoins en matière de mobilité dans l’ensemble de la collectivité. Ces changements interconnectés comprennent notamment la réouverture prochaine du chemin Hemlock vers le Village des Riverains, qui créera un nouveau couloir de circulation important, la possible reconstruction complète de l’avenue Beechwood, qui pourrait transformer notre rue principale traditionnelle en un axe central de transport actif, le réaménagement de l’intersection de l’avenue Eastbourne, de la rue Braemar et du chemin Ava, qui pourrait inclure un carrefour giratoire, et la mise en œuvre du nouveau plan secondaire, qui orientera les décisions futures en matière d’aménagement du territoire et modifiera considérablement les schémas de circulation et de déplacement des piétons. L’effet cumulatif de ces changements devrait justifier un assouplissement stratégique afin de permettre une planification approfondie avant de prendre des engagements en matière d’infrastructure.
De plus, les rues internes de Manor Park servent principalement de routes locales peu achalandées, avec une connectivité limitée entre les corridors principaux et, par conséquent, ne sont pas soumises aux mêmes pressions liées à la circulation de transit. À l’inverse, l’intensification en cours et entrevue de la circulation se concentre dans les grandes artères et routes collectrices, dont le chemin Hemlock, le boulevard St-Laurent, le chemin Sandridge et l’avenue Birch, où l’achalandage et la vitesse rendent encore plus nécessaire une configuration précise axée sur les piétons et l’installation permanente de dispositifs de modération de la circulation.
La modification du Plan officiel visant Manor Park approuvée en 2021 propose une augmentation spectaculaire de la densité sur 35 acres, avec notamment des immeubles de grande hauteur pouvant atteindre 30 étages. Ce niveau de densification entraînera une augmentation considérable de la circulation automobile, de l’activité piétonnière et de la demande en matière de cyclisme, ce qui aura des répercussions complexes sur les secteurs visés par le renouvellement des infrastructures. Au moment de l’examen de la modification du Plan officiel, mon bureau et l’association communautaire Manor Park ont expressément recommandé à la Ville d’Ottawa d’entreprendre une planification holistique des transports pour la collectivité afin de tenir compte des liens complexes entre la densification, les infrastructures existantes et les modifications prévues au réseau de transport. Malgré ces recommandations claires faites en 2021, le personnel municipal n’a pas entrepris ce travail essentiel de planification holistique des transports. Ce manque de planification devrait justifier une application plus souple des politiques afin de permettre le report des décisions relatives aux infrastructures jusqu’à la réalisation d’une analyse appropriée.
En l’absence de ce cadre de planification globale, les investissements en infrastructures, notamment les trottoirs dans le cas présent, risquent d’être réalisés de façon isolée, sans évaluation adéquate de leur intégration à l’évolution du réseau de transport de la communauté. Des études précises de la circulation sont requises, notamment une analyse complète de la circulation routière et des projections tenant compte des répercussions de la densification, une évaluation pour les piétons et les cyclistes au niveau du sol dans le contexte de la future demande, une évaluation des incidences cumulatives de multiples modifications simultanées en matière de transport et des études des répercussions sur les quartiers voisins pour les rues qui seront touchées par leur proximité avec les travaux d’aménagement intensifs. La mise en œuvre du plan secondaire de Manor Park représente un exercice de planification holistique qui déterminera efficacement comment se dérouleront les travaux d’aménagement à Manor Park au cours des 20 à 50 prochaines années. Dans ce contexte de planification à long terme, l’aménagement de trottoirs sans comprendre pleinement l’ampleur des futurs modèles de circulation risque de créer des infrastructures inadéquates, mal situées ou nécessitant par la suite des modifications coûteuses pour répondre aux nouveaux besoins de la collectivité en matière de transport. Ces circonstances devraient justifier l’adoption de dispositions permettant le report des décisions dans l’attente de la réalisation d’une analyse exhaustive.
Mon bureau a mené un vaste processus de consultation s’échelonnant sur huit mois, lequel incluait deux séances d’information publiques, des sondages auprès de la collectivité, les commentaires continus des résidents et des séances de consultation supplémentaires. Cela représente un niveau d’engagement nettement supérieur à celui d’une séance d’information publique unique habituellement associée aux projets de renouvellement intégré. D’après les données recueillies auprès de 338 répondants, il existe une opposition marquée à l’installation de trottoirs dans le secteur visé. En effet, seuls 71 répondants (21 %) se sont montrés favorables au projet, tandis que 267 répondants (79 %) s’y sont opposés. L’opposition était particulièrement forte dans les rues directement touchées : le croissant Kilbarry a recueilli 50 réponses, toutes opposées; l’avenue Arundel a reçu 34 réponses, dont 31 en opposition; enfin, le croissant Farnham, l’avenue Eastbourne et la rue Braemar ont affiché une opposition unanime ou quasi unanime. Bien que les préférences de la communauté, à elles seules, ne justifient pas un report selon la politique actuelle, l’ampleur de l’opposition citoyenne, conjuguée à la nécessité réelle d’une planification globale des transports, devrait justifier une certaine flexibilité des politiques dans ce contexte exceptionnel.
Je prends acte des enjeux d’accessibilité soulevés dans le rapport du personnel. Mon bureau a reçu des commentaires divergents de personnes à mobilité réduite. Certaines ont souligné que les infrastructures actuelles exposent les personnes se déplaçant en fauteuil roulant à des situations dangereuses et que l’hiver rend particulièrement difficiles les déplacements des personnes à mobilité réduite. À l’inverse, d’autres personnes à mobilité réduite préféreraient ne pas avoir de trottoirs en raison des exigences techniques de certains équipements de mobilité et de la difficulté à se déplacer sur les trottoirs en raison de difficultés liées au traitement sensoriel. Ces besoins d’accessibilité divergents mettent davantage en lumière l’importance d’une planification globale des transports, permettant de bien évaluer et prendre en compte l’ensemble des besoins de mobilité de la collectivité. L’existence de points de vue divergents en matière d’accessibilité devrait justifier une approche plus réfléchie en matière de politiques qui permettrait de procéder à une analyse approfondie.
Cela dit, je suis favorable à la réalisation, comme prévu, des travaux liés aux infrastructures souterraines essentielles (égouts, conduites d’eau principales, chaussées et bordures). Des bordures seront installées selon les besoins pour assurer un drainage adéquat, la protection de la chaussée et la longévité des infrastructures. Toutefois, l’aménagement de trottoirs doit être reporté et réexaminé dans le cadre de l’analyse complète des transports devant impérativement être réalisée afin d’assurer une planification coordonnée, compte tenu des multiples modifications qui touchent le réseau de transport de Manor Park. Ce report constitue une gestion responsable des investissements en infrastructure publique, puisqu’il permet de s’assurer que les décisions relatives aux trottoirs tiennent pleinement compte de leur intégration au réseau de transport en pleine évolution. Le coût de l’aménagement des trottoirs dans le cadre de ce projet de 13,9 millions de dollars (estimé à 180 000 $) sera retiré de la portée du projet.
Je demande respectueusement au Conseil de reporter la composante relative aux trottoirs de ce projet et de demander au personnel de procéder à la planification globale des transports qui aurait dû être réalisée après l’approbation du plan secondaire de Manor Park en 2021. Cette situation illustre la nécessité de revoir les cadres stratégiques actuels afin de permettre une plus grande flexibilité lorsque les communautés sont confrontées à des circonstances exceptionnelles, caractérisées par des changements multiples et simultanés ainsi qu’une densification importante, qui nécessitent une analyse approfondie avant la prise de décisions d’infrastructure.